Burkina Faso : le ministre de la Justice ordonne une réponse pénale plus sévère contre les viols sur mineurs

Face à la recrudescence des violences sexuelles contre les enfants, le ministre burkinabè de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a ordonné un durcissement de la politique pénale. Dans une circulaire adressée aux procureurs, il exige des poursuites plus fermes, l’abandon des procédures alternatives et des réquisitions pouvant aller jusqu’aux peines maximales prévues par la loi.

Le Burkina Faso durcit sa politique pénale contre les viols sur mineurs

Le gouvernement burkinabè affiche désormais une politique de tolérance zéro face aux violences sexuelles commises sur les enfants.

Dans une circulaire datée du 17 juillet 2026, le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a donné de nouvelles orientations aux procureurs généraux près les cours d’appel et aux procureurs du Faso afin de renforcer la répression des auteurs de viols sur mineurs. Le document intervient dans un contexte marqué par une hausse préoccupante de ces infractions et par des interrogations sur la sévérité de certaines décisions de justice.

Des instructions fermes adressées aux procureurs

La circulaire fixe plusieurs directives destinées à harmoniser la réponse judiciaire sur l’ensemble du territoire.

Les magistrats du parquet sont désormais invités à :

* ne plus recourir à la médiation pénale dans les affaires de viol sur mineurs ;

* écarter les procédures de composition pénale ;

* ne plus solliciter des peines de travail d’intérêt général pour ce type d’infractions ;

* requérir des peines proportionnées à la gravité des faits, pouvant aller jusqu’au maximum prévu par la loi ;

* interjeter appel lorsqu’une condamnation est jugée manifestement trop clémente.

Selon le ministère de la Justice, ces mesures visent à renforcer l’effet dissuasif de la justice et à mieux protéger les enfants victimes de violences sexuelles.

Une recrudescence des violences sexuelles contre les enfants

Dans les motifs de sa circulaire, le ministre évoque une « évolution préoccupante» des viols commis sur des mineurs.

Le document estime que certaines sanctions prononcées ces derniers mois ne reflètent pas toujours la gravité des faits et risquent d’affaiblir la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.

Les autorités souhaitent ainsi faire de la protection des enfants une priorité de la politique pénale burkinabè.

Une volonté de renforcer la protection des victimes

Cette nouvelle orientation judiciaire intervient alors que plusieurs affaires de viols sur mineurs ont récemment suscité une vive émotion dans le pays.

Le gouvernement considère que les violences sexuelles contre les enfants constituent une atteinte grave aux droits fondamentaux et appelle les magistrats à appliquer la loi avec davantage de fermeté.

Au-delà de la répression, les autorités rappellent également l’importance de la prise en charge des victimes et de leur accompagnement psychologique, médical et judiciaire.

Une politique pénale plus dissuasive

En exigeant des réquisitions plus sévères et un contrôle renforcé des décisions de justice, le ministère entend lutter contre la récidive et envoyer un signal fort aux auteurs de violences sexuelles.

Cette circulaire marque une nouvelle étape dans la stratégie du Burkina Faso visant à renforcer la protection des mineurs et à restaurer la confiance des populations dans le système judiciaire. Les procureurs sont désormais appelés à veiller personnellement à l’application de ces nouvelles directives sur l’ensemble du territoire.