Centrafrique : le Parlement adopte une nouvelle loi pour réorganiser le secteur des hydrocarbures
L’Assemblée nationale de la République centrafricaine a adopté à l’unanimité une nouvelle loi portant réorganisation du secteur des hydrocarbures. Le gouvernement entend moderniser un cadre juridique jugé obsolète, renforcer la régulation du marché des produits pétroliers et améliorer l’approvisionnement en carburant, dans un contexte marqué par des pénuries récurrentes et des difficultés de distribution.
Une réforme pour moderniser un secteur stratégique
Adoptée le 13 juillet 2026, la nouvelle loi remplace un dispositif juridique devenu inadapté aux réalités actuelles du marché pétrolier centrafricain. Selon le rapport de la Commission de la production, des ressources naturelles et de l’environnement de l’Assemblée nationale, le texte vise à instaurer un cadre plus efficace pour l’organisation, la régulation et le contrôle du secteur des hydrocarbures.
Le gouvernement estime que cette réforme doit permettre d’améliorer la gouvernance du secteur, d’accroître la transparence et de mieux sécuriser l’approvisionnement en produits pétroliers.
Mettre fin aux pénuries de carburant
L’une des principales motivations de cette réforme est la multiplication des pénuries de carburant observées ces dernières années, notamment à Bangui mais aussi dans plusieurs villes de l’intérieur du pays.
Les députés ont également relevé le faible maillage du territoire en stations-service, les difficultés logistiques d’approvisionnement et les insuffisances du dispositif de régulation, qui pénalisent l’activité économique et la mobilité des populations.
Un meilleur contrôle des importations
Le nouveau texte prévoit un encadrement plus strict de la chaîne d’approvisionnement en produits pétroliers. Désormais, les importateurs devront faire transiter leurs cargaisons par des dépôts sous douane avant leur mise sur le marché.
Cette mesure poursuit un double objectif : renforcer la traçabilité des produits et améliorer la collecte des recettes fiscales. Les taxes sur les hydrocarbures représentent une part importante des ressources budgétaires de l’État centrafricain.
Le contexte de Neptune Oil
La réforme intervient quelques mois après la décision du gouvernement de confier à l’entreprise camerounaise Neptune Oil un rôle central dans l’importation des produits pétroliers. Cette décision avait suscité de nombreux débats sur l’organisation du marché et sur la capacité du pays à garantir un approvisionnement régulier en carburant.
Les autorités estiment que la nouvelle loi permettra de clarifier les responsabilités des différents acteurs du secteur et de renforcer les mécanismes de contrôle.
Des ambitions économiques plus larges
Au-delà de la gestion des carburants, cette réforme s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à mieux valoriser les ressources naturelles du pays. La République centrafricaine dispose d’un potentiel pétrolier encore peu exploité, notamment dans les bassins situés au nord du territoire, près de la frontière avec le Tchad. Toutefois, l’exploitation de ces ressources reste limitée en raison des défis sécuritaires, du manque d’infrastructures et d’un environnement juridique longtemps jugé insuffisant pour attirer les investisseurs.
L’entrée en vigueur de cette nouvelle loi constitue ainsi une étape importante dans la volonté des autorités de structurer un secteur considéré comme stratégique pour les finances publiques et le développement économique du pays.

