Ebola : l’Union africaine demande aux États-Unis de lever les restrictions visant l’Ouganda

L’agence de santé publique de l’Union africaine, Africa CDC, appelle les États-Unis à lever les restrictions de voyage imposées à l’Ouganda en raison de l’épidémie d’Ebola. Selon l’institution, la situation sanitaire s’est nettement améliorée grâce aux mesures de riposte mises en œuvre par les autorités ougandaises, et le maintien de ces restrictions risque de pénaliser un pays qui a fait preuve de transparence dans la gestion de la crise.

Africa CDC plaide pour un assouplissement des mesures américaines

Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a officiellement demandé au gouvernement américain de revoir les restrictions de voyage appliquées aux voyageurs en provenance de l’Ouganda. Dans un courrier adressé au secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., il estime que les progrès enregistrés sur le terrain justifient une réévaluation de ces mesures.

Selon Africa CDC, l’Ouganda n’a enregistré aucun nouveau cas confirmé depuis près d’un mois et le dernier patient atteint d’Ebola a quitté l’hôpital le 16 juillet, marquant une étape importante dans la maîtrise de l’épidémie. Le pays est désormais engagé dans la période de surveillance de 42 jours, durée recommandée avant de pouvoir déclarer officiellement la fin d’une épidémie d’Ebola.

Pourquoi les États-Unis maintiennent-ils des restrictions ?

Les autorités américaines ont instauré des mesures renforcées pour les voyageurs ayant récemment séjourné en Ouganda, notamment des contrôles sanitaires supplémentaires et des procédures d’entrée spécifiques. Ces dispositions visent à limiter le risque d’importation du virus sur le territoire américain.

Le *Centers for Disease Control and Prevention (CDC)* rappelle que ces restrictions sont temporaires et s’inscrivent dans le cadre des mesures de prévention appliquées lors des flambées épidémiques d’Ebola.

Une question de confiance internationale

Pour Africa CDC, le maintien de restrictions malgré l’amélioration de la situation sanitaire envoie un mauvais signal aux pays qui déclarent rapidement les épidémies.

*Jean Kaseya* estime que les États qui font preuve de transparence ne devraient pas être pénalisés par des limitations de voyage prolongées. Selon lui, une telle approche pourrait décourager certains gouvernements de notifier rapidement de futures flambées épidémiques, au détriment de la sécurité sanitaire mondiale.

L’OMS reste prudente sur les restrictions de voyage

*L’Organisation mondiale de la santé*(OMS) rappelle de longue date que les restrictions générales aux voyages et au commerce ne sont généralement pas recommandées lors des flambées d’Ebola. L’organisation privilégie le dépistage, la surveillance des contacts, l’isolement rapide des cas et le renforcement des systèmes de santé pour contenir la maladie.

Une vigilance qui demeure en Afrique centrale

Si l’Ouganda enregistre une amélioration encourageante, la vigilance reste élevée sur le continent. Une importante épidémie d’Ebola continue de toucher la République démocratique du Congo, où les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les opérations de surveillance, de prise en charge des malades et de recherche des contacts afin de limiter la propagation du virus.