Éthiopie : un vaste réseau de trafic d’êtres humains démantelé, 17 suspects arrêtés

Les autorités éthiopiennes ont annoncé le démantèlement d’un important réseau de trafic d’êtres humains opérant entre la Corne de l’Afrique, le Yémen et l’Arabie saoudite. Dix-sept personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une enquête qui met en lumière l’ampleur des filières clandestines exploitant des milliers de migrants originaires d’Afrique de l’Est.

Dix-sept suspects arrêtés

La police fédérale éthiopienne a annoncé l’arrestation de 17 personnes, accusées d’avoir organisé un vaste réseau de traite d’êtres humains. Selon les enquêteurs, le groupe était dirigé par un homme identifié comme Mohamed Tahir Aden, également connu sous le surnom de « Wardi».

Les suspects sont poursuivis pour traite d’êtres humains, trafic de migrants, extorsion, séquestration et violences aggravées. L’enquête s’appuie sur des témoignages de victimes, des documents et des enregistrements vidéo recueillis en Éthiopie et en Arabie saoudite.

Des milliers de migrants victimes du réseau

Selon la police, le réseau recrutait des candidats à l’émigration dans plusieurs régions d’Éthiopie en leur promettant des emplois bien rémunérés en Arabie saoudite.

Les victimes étaient ensuite acheminées clandestinement vers Djibouti, puis le Yémen, avant de poursuivre leur route vers les pays du Golfe. Les autorités estiment que près de 40 000 migrants auraient transité par cette filière criminelle.

Séquestrations, violences et extorsions

D’après les enquêteurs, une fois arrivés au Yémen, de nombreux migrants étaient enfermés dans des entrepôts contrôlés par les trafiquants.

Ils auraient subi de graves violences physiques et psychologiques. Les familles étaient contraintes de verser d’importantes sommes d’argent pour obtenir leur libération. La police fait également état d’agressions sexuelles contre plusieurs femmes et d’actes de torture infligés aux victimes.

Les autorités accusent le réseau d’avoir extorqué plus d’un milliard de birrs éthiopiens, soit environ 6,2 millions de dollars, et d’avoir investi ces revenus dans des biens immobiliers et d’autres actifs en Éthiopie comme à l’étranger.

Une coopération internationale

L’opération s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre la traite des êtres humains. Plus tôt en 2026, la police éthiopienne, avec l’appui du projet ROCK d’Interpol, financé par l’Union européenne, avait déjà démantelé un autre réseau international accusé d’avoir fait transiter plus de 3 000 migrants vers la Libye. Cette enquête avait permis d’identifier plus de 70 trafiquants opérant en Éthiopie et dans plusieurs pays voisins.

Une route migratoire parmi les plus dangereuses

L’Éthiopie demeure l’un des principaux pays d’origine des migrants empruntant la route orientale, qui passe par Djibouti et le Yémen avant de rejoindre les pays du Golfe. Selon les organisations internationales, cette route expose les migrants à de nombreux risques, notamment les enlèvements, les violences, les extorsions et les décès lors des traversées. Les autorités éthiopiennes affirment poursuivre leurs opérations pour démanteler les réseaux criminels et renforcer la coopération avec les pays de transit et de destination.