Mauritanie : 144 migrants morts ou disparus sur la route des Canaries, le HCR alerte sur une tragédie humanitaire
Au moins 144 migrants sont morts ou portés disparus au large de la Mauritanie après plusieurs naufrages survenus en juillet 2026, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Alors que 387 personnes ont été secourues, cette nouvelle tragédie relance les inquiétudes sur la route migratoire de l’Atlantique, considérée comme l’une des plus meurtrières au monde.
Une nouvelle tragédie sur la route des Canaries
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé qu’au moins 144 réfugiés et migrants sont morts ou portés disparus après plusieurs incidents maritimes enregistrés entre le 14 et le 18 juillet 2026 au large des côtes mauritaniennes.
Les victimes tentaient de rejoindre les îles Canaries, territoire espagnol situé dans l’océan Atlantique, en empruntant la route migratoire reliant les côtes d’Afrique de l’Ouest à l’Europe.
Selon les agences des Nations unies, plusieurs embarcations ont fait naufrage ou sont restées à la dérive pendant plusieurs jours, exposant leurs occupants à des conditions extrêmes.
Près de 400 survivants secourus à Nouadhibou
Malgré l’ampleur du drame, les opérations de recherche et de sauvetage menées par les autorités mauritaniennes, avec l’appui du HCR, de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de plusieurs partenaires humanitaires, ont permis de sauver 387 personnes.
Les rescapés ont été débarqués à Nouadhibou, principal port du nord-ouest de la Mauritanie, où ils ont bénéficié d’une assistance médicale, alimentaire et psychosociale.
Les organisations humanitaires poursuivent également l’identification des victimes et la prise en charge des survivants, dont plusieurs souffrent de déshydratation sévère, d’épuisement et de traumatismes.
La route atlantique, l’une des plus dangereuses au monde
La traversée entre les côtes de la Mauritanie, du Sénégal ou de la Gambie et les îles Canaries peut dépasser 1 500 kilomètres en pleine mer.
Les migrants embarquent souvent à bord de pirogues ou de canots surchargés, insuffisamment équipés pour affronter les courants de l’Atlantique.
Le manque d’eau potable, de nourriture, de carburant, les mauvaises conditions météorologiques et les longues dérives expliquent le nombre élevé de décès enregistrés chaque année sur cette route migratoire.
Les agences onusiennes rappellent que cette voie est devenue l’une des plus mortelles vers l’Europe.
Le HCR appelle à renforcer les opérations de sauvetage
Face à cette nouvelle catastrophe, le HCR exhorte les États concernés à intensifier les opérations de recherche et de sauvetage en mer afin de réduire le nombre de victimes.
L’agence plaide également pour un renforcement de la coopération internationale contre les réseaux de passeurs qui exploitent la vulnérabilité des migrants.
L’Organisation internationale pour les migrations insiste, de son côté, sur la nécessité de développer davantage de voies de migration sûres, régulières et légales afin de limiter les traversées clandestines.
Pourquoi les départs continuent-ils ?
Malgré les risques largement documentés, des milliers de personnes continuent de quitter l’Afrique de l’Ouest chaque année.
Les organisations internationales identifient plusieurs facteurs expliquant ces départs :
* les conflits armés et l’insécurité ;
* l’instabilité politique ;
* la pauvreté et le chômage ;
* les effets du changement climatique sur les moyens de subsistance ;
* la recherche de meilleures perspectives économiques en Europe.
En raison de sa position géographique, la Mauritanie est devenue l’un des principaux pays de transit sur la route migratoire atlantique.
Une urgence humanitaire qui interpelle la communauté internationale
Cette nouvelle tragédie rappelle la gravité de la crise migratoire sur la façade atlantique de l’Afrique. Pour les Nations unies, la multiplication des naufrages souligne l’urgence de renforcer les mécanismes de protection des migrants, tout en s’attaquant aux causes profondes des migrations forcées.
Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver d’éventuels survivants ou repêcher les personnes disparues, le HCR et l’OIM appellent les États à faire de la protection des vies humaines une priorité absolue.

