Secrétariat général de l’ONU : au Sénégal, la candidature de Macky Sall suscite un vif débat politique
Le soutien officiel du président Bassirou Diomaye Faye à la candidature de son prédécesseur Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies continue de susciter de vives réactions au Sénégal. Entre appels à l’unité nationale, critiques de l’opposition et interrogations sur les enjeux diplomatiques, cette décision relance le débat sur la place du Sénégal dans la gouvernance internationale.
Le Sénégal affiche une position officielle en faveur de Macky Sall
Après plusieurs mois d’incertitude, le gouvernement sénégalais a officiellement apporté son soutien à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU. L’annonce a été faite par le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, à la suite d’un entretien entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur. Les autorités présentent désormais cette candidature comme celle du Sénégal au service de l’Afrique, appelant l’ensemble du réseau diplomatique à se mobiliser pour la promouvoir.
Des réactions partagées dans la classe politique sénégalaise
Cette décision ne fait toutefois pas l’unanimité à Dakar.
Une partie de la majorité présidentielle estime que le soutien à Macky Sall dépasse les clivages politiques et répond à une logique de continuité de l’État. Pour ces responsables, porter un ancien chef d’État sénégalais à la tête des Nations unies renforcerait le rayonnement diplomatique du pays et du continent africain.
À l’inverse, plusieurs acteurs de l’opposition et de la société civile dénoncent un choix qu’ils jugent paradoxal au regard des différends politiques ayant marqué la fin du mandat de Macky Sall. Certains rappellent les contestations liées au report de l’élection présidentielle de 2024 ainsi que les critiques formulées contre la gouvernance de son régime.
Une candidature au parcours diplomatique mouvementé
La candidature de Macky Sall a connu plusieurs rebondissements.
En mars 2026, une tentative d’approbation par l’Union africaine n’avait pas abouti, plusieurs États membres ayant exprimé des réserves lors de la procédure de validation. À cette époque, les autorités sénégalaises avaient également pris leurs distances avec cette initiative.
Le récent soutien officiel de Dakar marque donc un changement de position significatif. Cette évolution intervient alors que les premières consultations informelles du Conseil de sécurité des Nations unies sur la succession d’António Guterres approchent.
Un enjeu stratégique pour le Sénégal et l’Afrique
Au-delà du débat politique national, plusieurs diplomates estiment qu’une éventuelle élection de Macky Sall constituerait une avancée importante pour la représentation africaine au sein du système onusien.
Si sa candidature aboutissait, il deviendrait le troisième Africain à occuper les fonctions de secrétaire général des Nations unies, après l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali et le Ghanéen Kofi Annan. Sa campagne met notamment l’accent sur le multilatéralisme, la réforme de la gouvernance mondiale, le développement durable et la place de l’Afrique dans les grandes décisions internationales.
Un débat qui dépasse les frontières sénégalaises
Au Sénégal, les réactions illustrent les profondes divisions qui continuent de marquer la vie politique, même lorsqu’il s’agit d’une candidature à portée internationale.
Pour certains observateurs, le soutien de l’État traduit une volonté de défendre les intérêts diplomatiques du pays au-delà des alternances politiques. Pour d’autres, cette décision risque de raviver les débats sur le bilan de l’ancien président et sur les conditions de sa succession.
Dans tous les cas, la candidature de Macky Sall s’impose désormais comme un dossier majeur de la diplomatie sénégalaise et africaine à l’approche du processus de désignation du prochain secrétaire général des Nations unies.

