Secrétariat général de l’ONU : le Sénégal soutient désormais Macky Sall, quelles suites pour sa candidature ?
La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies connaît un tournant majeur. Après avoir pris ses distances au début de l’année 2026, le gouvernement sénégalais a finalement annoncé son soutien officiel à son ancien chef de l’État. Ce changement de position relance les spéculations sur les chances de Macky Sall dans une course diplomatique très disputée, où les équilibres géopolitiques comptent autant que les profils des candidats.
Un revirement diplomatique du Sénégal
Lorsque la candidature de Macky Sall a été présentée en mars 2026, elle était portée par le Burundi, alors président en exercice de l’Union africaine, et non par le Sénégal. Dakar avait alors précisé qu’il n’avait ni initié ni officiellement soutenu cette démarche, créant une situation inédite pour un candidat à la tête de l’ONU.
La situation a changé en juillet 2026. À l’issue d’une rencontre entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur, le ministère sénégalais des Affaires étrangères a annoncé que le Sénégal soutenait désormais officiellement la candidature de Macky Sall et mobiliserait son réseau diplomatique en sa faveur. Le gouvernement présente désormais cette candidature comme celle du Sénégal au service de l’Afrique.
Pourquoi ce changement de position
Plusieurs facteurs expliquent ce revirement :
* renforcer l’image d’unité nationale sur une candidature à portée internationale ;
* accroître l’influence diplomatique du Sénégal au sein des Nations unies ;
* soutenir la représentation africaine dans une élection stratégique pour le continent ;
* éviter que les divergences politiques internes n’affaiblissent les chances d’un candidat sénégalais.
Une candidature toujours confrontée à plusieurs défis
Malgré ce soutien officiel, Macky Sall devra franchir plusieurs étapes avant une éventuelle élection.
Le premier défi concerne le consensus africain. Si le Burundi a porté sa candidature, l’Union africaine n’avait pas réussi à adopter une position commune lors des premières consultations, plusieurs États ayant exprimé des réserves ou demandé un délai supplémentaire.
Le deuxième défi est lié au processus onusien. Le secrétaire général est recommandé par le Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto, avant d’être nommé par l’Assemblée générale des Nations unies. Obtenir un large soutien international reste donc indispensable.
Enfin, Macky Sall fait face à une concurrence internationale importante. Plusieurs personnalités de différents continents sont également candidates pour succéder à António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026.
La campagne diplomatique se poursuit
Depuis l’officialisation de sa candidature, Macky Sall mène une campagne internationale centrée sur la réforme du multilatéralisme, la paix, le développement durable, le financement du développement et la modernisation des Nations unies. Sa vision stratégique a été transmise officiellement aux États membres de l’ONU.
Son récent retour à Dakar pour rencontrer le président Bassirou Diomaye Faye s’inscrivait également dans cette dynamique de recherche d’un appui politique national avant les prochaines étapes du processus de sélection.
Quelles sont désormais les prochaines étapes ?
Les prochains mois seront déterminants. Les candidats poursuivront leurs consultations diplomatiques auprès des États membres de l’ONU avant les auditions informelles et les consultations du Conseil de sécurité. Celui-ci proposera un candidat à l’Assemblée générale, qui procédera ensuite à la nomination du futur secrétaire général.
Le soutien officiel du Sénégal renforce incontestablement la crédibilité internationale de Macky Sall. Toutefois, son éventuelle accession au poste dépendra autant des équilibres diplomatiques mondiaux que de sa capacité à convaincre les membres permanents du Conseil de sécurité et une majorité d’États membres de l’ONU.

